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Résumé

Le jour, Steve Dark élève seul sa fille de cinq ans.
La nuit, il fait ce pour quoi il est né : attraper les monstres. Le tueur, surnommé Labyrinthe, veut changer le monde : abattre les compagnies pétrolières, en finir avec les juges corrompus, les requins de la finance, les journalistes hypocrites... Mais il veut aussi qu’on parle de lui. Tous les moyens sont bons pour véhiculer son message, surtout les plus violents : à l’occasion de chaque attentat, il envoie une devinette et une montre décomptant les minutes avant l’action, et poste bien entendu les vidéos des victimes sur Internet.
Très vite, il est félicité, admiré, adulé presque. Steve Dark saura-t-il arrêter la contagion ? Contrôle. Domination. C’est comme cela qu’il veut sauver le monde. Un meurtre après l’autre. Entrerez-vous dans le labyrinthe ?

Impressions

Dernier tome d’une trilogie à faire froid dans le dos, c’est avec une pointe de tristesse que j’ai refermé le livre. Car Dark et ses tueurs m’ont accompagné pendant un an et demi. Le premier tome m’a empêché de dormir pendant quatre nuits (véridique), et encore aujourd’hui, Sqweegel reste celui qui m’a le plus terrorisé. Le second tome était aussi très bon et m’avait beaucoup plu.

Livraddict et les éditions Michel Lafon m’ont permis de clore la trilogie, et je les remercie beaucoup. Car Dark est un de mes profileur préféré, de par sa nature sombre et géniale. Dans cet opus, il reste égal à lui-même : intelligeant, vif, et incroyablement perspicace. Cependant, ce n’est plus un être tourmenté, mais un homme accompli, qui élève sa fille chez lui. Cette humanisation du personnage a été très appréciable dans la lecture, Dark est devenu plus proche du lecteur. Cette fois, il ne mène pas la barque seul, mais va enfin avoir des réponses sur les questions trainant depuis le second tome. Rencontrant le patron de l’Alliance Globale, il va s’intégrer au sein d’une équipe d’agents recrutés pour leurs capacités hors du commun : un informaticien, un ancien mercenaire et une linguiste chevronnée. Tous vont se lancer à la poursuite de Labyrinthe avec plus ou moins de succès. 

En ce qui concerne cette partie de l’histoire, j’ai trouvé que les autres personnages (excepté Damien Blair) étaient un peu trop happés par la personnalité envahissante de Dark. On sait très peu de choses sur eux, leurs pensées, leur vie, et je n’ai pas vraiment ressenti de complicité dans cette équipe. Peut-être était-ce voulu par l’auteur (mais ca ne m’a pas du tout gêné dans ma lecture). En revanche, la réapparition de Riggins m’a laissé un peu perplexe. Je n’ai pas trouvé de logique à ce personnage, qui arrive et qui repart un peu comme il veut. Cette incarnation paternelle envers Dark était bien pensée, mais je cherche encore son utilité. Riggins apparait un peu comme un cheveu sur la soupe, et ca m’a un peu gênée que (spoiler) ce soit lui qui arrive à sauver le monde à la fin plutôt que Natasha ou O’Brian, plus présents. Clin d’œil des tomes précédents ou volonté de l’auteur à laquelle je n’ai pas trouvé de fin, telle est la question.

Concernant Labyrinthe, j’ai été fascinée par son personnage. Sa psychologie, très étudiée, est déroutante, car elle livre une vision de l’humanité assez inquiétante. Des questions se posent, dérangeantes, comme « peut-on cautionner l’acte d’un serial killer si celui-ci tue des gens qui ont quelque chose de grave à se reprocher ? ». La mise en place de ces meurtres ou punitions à échelle mondiale est diablement géniale, les devinettes apportent un rythme à l’intrigue, permettant au lecteur de se poser et de réfléchir. En somme, Labyrinthe aurait pu devenir sympathique s’il n’était pas un tueur niveau 26, un gourou prônant la remise à zéro de la race humaine. Mais j’avoue que ses scènes finales m’ont un peu agacées, par sa grandiloquence et sa morgue.

Au niveau de l’intrigue, je n’ai vraiment pas de reproche à faire. Tout est très bien ficelé, les pages se tournent toutes seules sans aucune minute d’ennui. Les chapitres alternent entre le point de vue de Labyrinthe et le point de vue omnicient de l’équipe qui le poursuit. Dans le premier cas, entrer dans la tête du tueur et voir son jeu de chat et de souris est fascinant. Dans le second cas, on a l’impression d’être dans un épisode de 24h chrono. Tout va très vite, se bouscule, les agents courent dans tous les sens, ce qui crée une rupture avec le point de vue de Labyrinthe, plus calme et déterminé. Pas de repos pour le lecteur, qui se voit embarqué dans une intrigue de haut vol. La fin arrive beaucoup trop vite, et je suis vraiment triste que la série s’arrête ici. Seul bémol, j’avais espéré voir un peu plus de scènes entre Dark et sa fille, des scènes familiales, intimes, banales. Mais l’accent est mis sur la course contre la montre, et Dark se retrouve à courir d’un bout à l’autre du livre. Son côté père de famille aurait gagné à être développé. Level 26 T3 n’en reste pas moins un très bon thriller, à lire absolument.

Encore merci aux éditions Michel Lafon et à Livraddict pour ce partenariat !